Aspirateurs robots : un ingénieur français met au jour une faille de sécurité inquiétante

Aspirateurs robots piratés

Ils nettoient nos sols sans rechigner, cartographient nos salons avec précision et retournent sagement à leur base pour se recharger. Les aspirateurs robots connectés sont devenus des alliés du quotidien. Mais derrière leur efficacité technologique se cache parfois une vulnérabilité insoupçonnée. C’est ce qu’a découvert, presque par hasard, un ingénieur français en bidouillant son propre appareil.

Et l’histoire a de quoi faire frémir.

Une simple expérience… qui dérape

Tout commence par une soirée banale. Sammy Azdoufal, ingénieur passionné de code et d’intelligence artificielle, joue aux jeux vidéo. Une idée lui traverse l’esprit : pourquoi ne pas piloter son aspirateur robot avec sa manette de PlayStation ? Le défi est technique, certes, mais loin d’être insurmontable pour un développeur aguerri.

L’appareil en question est un modèle haut de gamme de la marque DJI, relié à une application mobile. En quelques heures à peine, le pari est gagné : la manette contrôle le robot. Une prouesse amusante, presque anodine.

Mais l’ingénieur ne s’arrête pas là.

Il pousse l’expérience un peu plus loin. Paramétrer une réaction spécifique lorsque la batterie descend sous les 30 %. Tester des interactions. Explorer les données générées. Bref, jouer avec les possibilités offertes par l’objet connecté.

C’est à ce moment précis que tout bascule.

Accès aux données de 7 000 aspirateurs robots

En analysant les flux d’informations, Sammy Azdoufal remarque des données inhabituelles. Très vite, il comprend qu’il ne consulte pas uniquement celles de son propre aspirateur robot. Il a, sans l’avoir cherché, accès à celles de milliers d’autres appareils.

Environ 7 000, selon ses estimations.

Niveau de batterie, statut de fonctionnement, mais aussi — plus sensible — accès potentiel à la caméra, au micro et aux données de localisation. Autrement dit, une porte entrouverte sur l’intimité de milliers de foyers.

Le plus troublant ? Aucune compétence exceptionnelle en cybersécurité n’était nécessaire. Selon l’ingénieur, une personne curieuse, un minimum à l’aise avec les outils numériques et l’intelligence artificielle, aurait pu en faire autant. C’est là que l’alerte devient sérieuse.

Car un aspirateur robot moderne ne se contente pas d’aspirer la poussière. Il cartographie les pièces, mémorise les habitudes, parfois filme ou capte du son pour améliorer la navigation. En cas de faille, ces données peuvent devenir une mine d’informations pour des personnes mal intentionnées.

Les objets connectés, nouveaux espions du quotidien ?

L’affaire relance une question que l’on croyait théorique : les objets connectés sont-ils des espions potentiels ? Thermostats, caméras, assistants vocaux, montres intelligentes… et désormais aspirateurs robots.

Selon les recommandations de l’ANSSI, détaillées sur le site officiel de la sécurité numérique en France, il est essentiel de sécuriser ses appareils connectés : mises à jour régulières, mots de passe robustes, désactivation des fonctionnalités inutiles. Pourtant, dans la pratique, peu d’utilisateurs prennent ces précautions.

Dans cette affaire, l’ingénieur a immédiatement alerté DJI. L’entreprise chinoise a corrigé la faille depuis. Le correctif a été déployé et vérifié. L’incident est donc, officiellement, clos.

Mais le malaise persiste.

Car si cette brèche a été colmatée, combien d’autres dorment encore dans les lignes de code de nos objets connectés ?

Une prise de conscience brutale

Chez Sammy Azdoufal, l’épisode a laissé des traces. Si la découverte l’a d’abord amusé, la portée réelle de la faille l’a rapidement inquiété. À tel point que, chez lui, la prudence est désormais de mise.

Son épouse a recouvert la caméra de leur aspirateur robot avec un simple ruban adhésif. Un geste radical, presque symbolique. Comme on le ferait avec un ordinateur portable.

Ce détail en dit long.

Nous faisons entrer ces appareils dans nos salons, nos chambres, parfois même nos bureaux. Nous leur confions les plans de nos intérieurs, nos habitudes de vie, nos horaires d’absence. Et nous oublions trop souvent qu’ils sont reliés à Internet.

L’histoire de cette faille sur des aspirateurs robots connectés agit comme un rappel brutal : la technologie n’est jamais infaillible. Elle simplifie nos vies, oui. Mais elle exige aussi vigilance et esprit critique.

Alors, faut-il se méfier de son aspirateur robot ? Pas nécessairement. Mais peut-être est-il temps de regarder ces petits disques autonomes d’un œil un peu plus lucide… et de vérifier que les mises à jour sont bien installées !

Partager

Plus d'articles

Contactez nous

Retour en haut